Paroles d'expert 4 min

Nous visons les chantiers d’adduction où le plastique est un vecteur d’innovation

Rencontre avec Morad Arouini, Sales manager de la société autrichienne Agru, l'un des principaux fabricants européens de produits en plastique destinés à l’adduction d’eau.
Nous visons les chantiers d’adduction où le plastique est un vecteur d’innovation
Nous visons les chantiers d’adduction où le plastique est un vecteur d’innovation

Quelle position votre société occupe t elle sur ce marché ?

Agru s’est diversifiée de manière à offrir différents types de solutions pour le transport et la gestion de l’eau afin d’être présent sur plusieurs marchés complémentaires : une gamme de canalisations évidemment avec les raccords adaptés mais aussi des revêtements plastiques pour le cuvelage et la protection des nappes phréatiques. 

Compte tenu des besoins des pays émergents, l’équipement des réseaux est un secteur d’activité très dynamique au niveau mondial. Avec l’arrivée de fabricants étrangers non soumis aux contraintes de production européennes, nous sommes confrontés à une forte concurrence. La diversité des solutions que nous proposons nous a permis d’y faire face avec succès.

Quels polymères préconisez-vous pour l’adduction à l’eau potable ?

Le polyéthylène, sous différentes formulations, est le polymère de référence de nos activités dédiées à l’eau potable. Nous utilisons les résines polyéthylène haute densité mises au point pour ce type d’applications par des producteurs réputés de polyoléfines comme Borealis et INEOS. Pour certains produits, ces polymères sont utilisés en association à d’autres polymères que nous appliquons en renfort ou en protection de surface.

 

Vers quels types de solutions se concentre actuellement AGRU ?

Fournisseur reconnu de matériaux pour la construction de réseaux d’adduction, notre entreprise s’efforce de proposer des solutions pour les chantiers où l’usage des thermoplastiques est encore peu développé et où elle peut se distinguer. C’est le cas, par exemple, de la réfection ou du remplacement des conduites endommagées ou encore de la pose de canalisations en terrain difficile… Des opérations où nos tubes en polyéthylène offrent des atouts très appréciables.

La réhabilitation des canalisations par tubage, par exemple, est une technique de plus en plus utilisée par les gestionnaires de réseaux car elle permet la remise à neuf des anciennes infrastructures à moindre coût, sans tranchée, en utilisant la conduite existante comme une gaine.

 

 

Comment procède-t-on ?

Ce procédé appelé Close Fit consiste à insérer, dans le conduit existant, un long tube en polyéthylène plié en U et à le gonfler sous une pression de 8,5 bars jusqu’à ce qu’il reprenne son diamètre de 148 cm. Chaque section est composée d’une série de tubes, soudés sur plusieurs centaines de mètres et pliés, au fur et à mesure de l’insertion. 
C’est cette solution qui a été mis en œuvre, de 2007 à 2012, pour rénover la conduite en béton de 6,5 kilomètres de Lonsee Halzhausen, dans le Bade-Wutemberg. En raison de défauts d'étanchéité, elle perdait alors chaque année, environ 500000 m³ d’eau.
L’ensemble de la réhabilitation a été réalisée en cinq interventions successives afin de ne pas trop perturber le service d’adduction d’eau potable. La dernière tranche de travaux, en 2012, a permis la réfection d’un tronçon d’un kilomètre en 72 heures seulement.

Pour quels autres procédés a-t-on recours au polyéthylène ?

Nous avons également développé des tuyaux en polyéthylène renforcés destinés aux techniques alternatives de remplacement des canalisations sans tranchée comme le procédé Berstlining qui consiste à faire éclater l’ancienne conduite grâce à une sorte de foreuse à mesure qu’on introduit la nouvelle. Deux autres techniques ont également la faveur des entreprises de travaux publics : la pose rapide en tranchées sans lit de sable et l’insertion continue par forage horizontal.

 

Ces deux solutions ont été mises en œuvre en 2015, en Autriche, pour installer, en un temps record, sur une distance de 1500 mètres deux conduites de 560 mm de diamètre destinées à l’alimentation et au déversement du nouveau réservoir d’eau potable de la centrale électrique de Traunleiten.  Notre tube Sureline a été sélectionné pour ce chantier parce qu’il permettait une pose sans gros travaux en profondeur sur la majeure partie du chantier et, surtout, de surmonter facilement le principal obstacle, à savoir la traversée de l’autoroute, en recourant à la technique du forage horizontal.

 

Ces techniques sont-elles réservées aux chantiers Européens ?

Non, bien au contraire. Elles sont mises en œuvre partout dans le monde, dès lors que les projets interdisent des excavations ou des ouvrages souterrains incompatibles avec l’environnement.

Nous avons, par exemple, contribué à une première mondiale en Australie en 2011 dans le cadre du réaménagement les infrastructures hydrauliques du bassin de la rivière Wyong en Nouvelle-Galles du Sud, très menacé par la sécheresse. 

L'un des défis de ce projet consistait à assurer le franchissement souterrain du cours d’eau sur une longueur de 260 mètres par une conduite de grand diamètre. Compte tenu de la nature alluvionnaire des sols, des risques de mouvements de terrains et de la présence d’habitats naturels et résidentiels, le maître d’ouvrage avait d’abord envisagé la pose d’une conduite en acier dans un micro-tunnel. Il a finalement opté pour l’insertion d’une de nos canalisations souples en polyéthylène par forage horizontal.

Outre la souplesse, quels sont les autres atouts des tubes en plastiques ?

Leur légèreté est aussi très appréciable en terrain très accidenté. Nous avons pu le constater, en 2010, dans les Alpes autrichiennes, quand le remplacement de la conduite en acier de Kessele, installée il y a 52 ans à 2 395 m, est devenu inévitable. 

À cette altitude, sur ce type terrain très accidenté, l’hélicoptère était le seul moyen de transport approprié pour acheminer les 430 mètres de tubes nécessaires. Le choix de canalisations en plastique a bien sûr permis de réduire très sensiblement le nombre des rotations.

Quel type de solutions proposez-vous pour le stockage de l’eau ?

Notre procédé le plus original, à cet égard, est Hydroclick. Il est aussi le plus connu car il intéresse beaucoup les Syndicats des Eaux et les collectivités territoriales, en France notamment. Ce procédé permet de rénover les parois de stockage d’eau potable sans l’intervention de génie civil ni de préparation des surfaces en béton. 

Les grands gestionnaires des réseaux sont séduits par cette solution parce qu’elle permet de réduire les dépenses de réhabilitation des réservoirs indispensables à la poursuite de leur exploitation.

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