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Masdar, oasis verte au pays de l'or noir

18/11/10

Masdar, oasis verte au pays de l'or noir

Imaginez une ville de 50 000 habitants, sans voiture, sans dioxide de carbone, sans déchet, bref, une ville écologique du futur. Maintenant, imaginez cette ville dans le désert du Golfe, où les températures peuvent atteindre 50°C l’été et où l’air conditionné devrait être branché en permanence. Cette ville s’appelle Masdar, qui signifie « source » en arabe.

Une bonne dose d’imagination

Une bonne dose d’imagination

© Masdar




Cette idée un peu folle est l’œuvre de l’architecte britannique Norman Foster. « Nous sommes impliqués dans un grand nombre de projets, et c’est sans aucun doute le plus idéaliste ». Pour réaliser ce projet de ville écologique dans le climat du désert, il faut avoir une bonne dose d’imagination et l’architecte Norman Foster a déclaré qu’il était revenu aux bases pour concevoir la ville écologique.

Architecture du désert

Architecture du désert

© LAVA/Mir and LAVA/atelier illume

Pour cette cité du futur, Norman Foster s’est inspiré de l’habitat traditionnel des pays chauds, en particulier des habitations de Shibam, la « Manhattan du désert », au Yémen. La ville est conçue de manière compacte, avec des ruelles étroites et fraîches, selon un plan carré et entourée de murs destinés à la protéger des vents chauds du désert. A l'architecture arabe – immeubles d’habitation en terre cuite inspirés des moucharabieh - se mêlent technologies de dernier cri : stores amovibles suivants la course du soleil posés sur la coupole de la bibliothèque, pare-soleil géants et intelligents, « couloirs » ventés traversant la ville de part en part pour une aération naturelle, laboratoires et bureaux en béton recouverts de larges coussins en plastique (ETFE) qui renvoient les rayons du soleil et en atténuent l’effet, toitures en matières plastiques et panneaux photovoltaïques … Les techniques destinées à favoriser un « microclimat » se dessine sur le chantier.

Ennemi n° 1 : la chaleur

Ennemi  n° 1 : la chaleur

© Masdar

L’un des challenges principaux pour les architectes de la ville étaient de trouver des matériaux innovants et intelligents, permettant d’augmenter l’efficacité énergétique des bâtiments dans une zone climatique difficile, tout en réduisant considérablement les émissions de gaz à effet de serre.

Tout est mis en œuvre pour combattre la chaleur et rendre l’habitat viable, agréable et s’intégrant dans une démarche de développement durable.

La mousse de polystyrène Styrodur® C de BASF, partenaire stratégique pour la construction de Masdar depuis 2009, assure une isolation thermique optimale des bâtiments, que ce soit les toits, les façades ou les planchers, qui se traduit par une diminution sensible de la consommation d’énergie.

© BASF



Les granulés Neopor® dans lesquels sont intégrés des absorbeurs et réflecteurs infrarouges réduisent nettement la conductibilité thermique et permettent d’atteindre des effets isolants importants.

Le polyuréthanne permet d’isoler les tuyaux d’arrivée d’air froid, leur assurant une efficacité maximale. Des microscopiques capsules en plastique remplies de cire sont également incorporées au plâtre ou  au béton, et absorbent l’excès de chaleur intérieur, par un processus de changement de phases.

Construction durable

Construction durable

© Bayer MaterialScience



La holding Masdar et Bayer MaterialScience ont signé un accord stratégique dans le domaine de la construction durable, portant sur le développement du programme de construction «d’éco-bâtiments» (ECB), qui vise à la construction du prototype d’un tel bâtiment sur le site de Masdar.

Le prototype d’Eco-bâtiment de la ville de Masdar associe l’efficacité énergétique et l’économie de construction à une conception de pointe adaptée à un climat subtropical. Il a pour but de mettre au point des solutions nouvelles dans le domaine des bâtiments à consommation d’énergie optimisée, grâce aux plastiques.

Une Plaza à l’européenne

Une Plaza à l’européenne

© LAVA/Mir and LAVA/atelier illume

C’est la jeune agence australienne d’architecture LAVA (Lavatory for Visionary Architecture) qui a remporté en août 2009 l’appel d’offre portant sur le design du centre ville de Masdar. « Le centre ville doit devenir un phare emblématique qui concentre les attentions du monde entier vers les notions de technologies durables ».

Le cœur de Masdar comprendra un hôtel 5 étoiles, une résidence, un centre des congrès, un centre des loisir, des commerces.
Et surtout, une grand place, épicentre de la ville, où, comme à Rome ou Athènes, les habitants pourront se rencontrer, se promener, participer à la vie sociale, tout en profitant du ciel bleu et de l’air pur.

© LAVA/Mir and LAVA/atelier illume





Pour cela, les passants seront protégés du soleil par d’énormes parasols géants : en forme de tournesol, ils suivront la course du soleil pour ombrager la vaste place piétonne, avant de se refermer à la nuit tombée, pour relacher la chaleur capturée dans la journée.

Ces parasols reposent sur une colonne en acier à partir de laquelle se déploie une membrane en PTFE intégrant des panneaux solaires au niveau des bras articulés et le système hydraulique en haut du mât.

Une ville sans voiture à pétrole, au pays du pétrole

Une ville sans voiture à pétrole, au pays du pétrole

© LAVA/Mir and LAVA/atelier illume



Les véhicules fonctionnant au pétrole seront bannis de la ville de Masdar : les transports seront assurés par un systèmes de véhicules électriques autonomes, sur rails ou glissant par sustentation électromagnétique, dont on promet qu’ils permettront le voyage quasiment porte à porte.
Des voitures automatiques, marchant à l’énergie solaire, sans conducteur, seront téléguidées d’une station à l’autre.

Les moyens de transports doux, comme la marche à pied et le vélo, seront néanmoins privilégiés.

Ville 100% verte

Ville 100% verte

© LAVA/Mir and LAVA/atelier illume

Quand la cité de Masdar verra jour, elle sera la première ville 100% verte au monde, sans émission de carbone, sans déchet et hébergera 50 000 personnes.
Construite sous l’impulsion du gouvernement d’Abou Dhabi et du prince héritier d’Abou Dhabi, Cheikh Zayed Ben Sultan Al-Nayane, qui veulent en faire une vitrine verte des technologies, elle devrait attirer des entreprises, des centres de recherche et des instituts universitaires provenant du monde entier.
Masdar devrait constituer une sorte de laboratoire, de modèle pour d’éventuel format de cités écologiques dans le monde et deviendrait le plus grand centre de recherche environnemental au monde.
«Masdar est un laboratoire vivant pour tester l’efficacité énergétique et toutes sortes d’immeuble intelligents en conditions extrêmes».

Energie solaire au cœur du projet

Energie solaire au cœur du projet

© LAVA/Mir and LAVA/atelier illume

La construction de la cité, qui s’étendra sur 6 kms, tout près de la ville d’Abou Dhabi, a officiellement été inaugurée le 9 février 2008.

Masdar étant une ville de désert, les puissants rayons du soleil dans la région seront exploités pour l’approvisionnement de la ville en énergie. L’énergie solaire sera récupérée par des capteurs intégrés aux bâtiments eux-mêmes. Garder la fraîcheur dans les habitations et commerces étant un enjeu primordial, des études sont actuellement en cours pour tenter de viabiliser une méga centrale solaire pour la climatisation de la ville. Cette centrale de 100 megawatts au départ pourrait ensuite passer à 500 megawatt, d’ici à 2020.
Masdar utilisera également l’énergie éolienne et les détritus organiques serviront à fournir un supplément d’énergie

3/4 d’énergie en moins

3/4 d’énergie en moins

© Masdar



La ville elle-même sera conçue pour minimiser les dépenses énergétiques : orientation des bâtiments, zones ombragées, espaces de verdure, forçage de la circulation d’air naturel… les conditionneurs d’air eux-mêmes fonctionneront directement à l’énergie solaire.

La consommation sera, assurent les promoteurs du projet, inférieure à 75% à celle d’une ville moderne du même type.

Evolution des plans initiaux

Evolution des plans initiaux

© Masdar




Prévu pour 2015, Masdar est finalement attendu pour 2020, voir 2025. L’étalement dans le temps de la construction de la ville doit permettre de faire évoluer les plans initiaux, afin d’y intégrer les progrès technologiques apparus depuis l’origine du projet en 2006, ainsi que ceux à venir.

La principale évolution annoncée est l’abandon de l’objectif d’autosuffisance énergétique. La ville ne consommera que des énergies renouvelables, mais pour atteindre cet objectif, elle achètera de l’électricité produite sur d’autres sites.

Premiers étudiants et chercheurs en place

Premiers étudiants et chercheurs en place

© LAVA/Mir and LAVA/atelier illume




Pour l’instant, les six premiers bâtiments de l’Institut Technologique de Masdar sont achevés et les premiers étudiants et chercheurs ont intégrés les locaux en septembre 2010.

Ces immeubles résidentiels affichent une consommation en eau inférieure de 54% et une consommation électrique en baisse de 51% par rapport à la moyenne des bâtiments émirates similaires.

Quelques chiffres


Lancement du projet : 2006
Début des trvaux : février 2008
Fin des travaux : entre 2020 et 2025
Superficie : 6 km2
Coûts des travaux : 15 milliards de dollars
Nombre d’habitants prévus : 50 000
Nombre d’entreprises high-tech : 1500
Chiffre clé : 0 (zéro carbone, zéro déchet, zéro voiture)

Pour en savoir plus

http://l-a-v-a.blogspot.com/
http://www.masdar.ae/en/home/index.aspx
http://www.basf.com/group/pressrelease/P-09-340
http://www.press.bayer.com/

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