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Une puce de 40 ans

21/02/14

Une puce de 40 ans

Brevetée en 1974, la carte à puce est devenue en près de 40 ans un secteur industriel majeur.
Pas une journée ne s’écoule sans tirer de l’argent au distributeur, valider un trajet en bus ou en train, consulter un médecin ou encore activer un badge sécurisé  Et pour tout cela, sans même y penser, nous utilisons l’invention géniale d’un Français, Roland Moreno, inventeur un peu fou mais visionnaire : la carte à puce. Si sa trouvaille a eu du mal à convaincre au début des années 70, elle s’est tellement généralisée qu’on ne compte plus ses applications à travers le monde.
D’autres s’y étaient intéressés bien avant lui. Dès 1947, une mémoire portative est décrite par un ingénieur britannique : un substrat en bakélite sur lequel sont imprimées de très fines pistes de cuivre qui, sous l'effet d'un courant important, se volatilisent irréversiblement, créant un effet mémoire. En 1968, Helmut Gröttrup et Jürgen Dethloff, deux ingénieurs de l'entreprise allemande Giesecke & Devrient, inventent une carte automatique dont le brevet ne sera finalement accordé qu'en 1982. En 1969, les Américains Halpern, Castrucci, Ellingboe, contribuent à la genèse de la mémoire portative
C’est en 1974 que Roland Moreno dépose son brevet : la carte à puce. L'innovation consiste à loger dans l'épaisseur d'une carte plastique, la "puce" d'un circuit intégré et un connecteur extra-plat permettant de le raccorder facilement à des circuits extérieurs.
Pour la petite histoire, cet autodidacte, bricoleur de génie, non diplômé, fut traité d’usurpateur, et dut faire face à de nombreux procès et fausses rumeurs qui visaient à discréditer son invention. Son invention est alors qualifiée par les journaux spécialisés en informatique de « curiosité financière ».
En attendant, huit ans d’obstination et de persévérance lui seront nécessaires pour venir à bout des réticences d’hommes moins visionnaires que lui. Les banquiers  en particulier doutaient de l’utilité ou de l’infaillibilité de son invention, dont le nom de code TMR pour « Take the money, and run » rendait hommage à l’un des premiers succès de Woody Allen.

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