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Ces plastiques qui protègent du feu

19/10/11

Ces plastiques qui protègent du feu

Et si le feu avait trouvé dans les matières plastiques l’un de ses pires ennemis ? Une idée surprenante qui va au-delà des préjugés ! Pourtant, certains plastiques nous protègent de cet élément destructeur.

Première partie

Fumées, le véritable ennemi

Fumées, le véritable ennemi

S’il est l’une des plus belles découvertes de l’homme, le feu est aussi l’une de ses pires craintes, tant il peut être ravageur et difficile à maîtriser.
Aujourd’hui, on sait que les brûlures ne sont pas la première cause de décès lors d’un incendie. 60 à 80% de ceux-ci sont dus à une asphyxie résultant de la toxicité des fumées. Pour sauver des vies, c’est donc avant tout de ces fumées qu’il faut s’occuper. Les 2 principaux dangers liés au dégagement de fumée sont la perte de visibilité durant l’évacuation et l’intoxication par inhalation. En effet, une moindre visibilité accroit la difficulté à s’orienter et entraine un temps d’évacuation et d’exposition plus long. En outre, l’inhalation de fumées peut avoir des effets irritants et asphyxiants et ainsi empêcher l’occupant de prendre des actions de sauvegarde et même conduire à sa mort. C’est pourquoi le contrôle de la fumée est considéré comme un élément essentiel de la sécurité incendie dans les bâtiments.

© MSA

La fumée qui se dégage lors de la combustion d’un matériau peut varier, dans sa composition, d’un matériau à l’autre, mais elle est toujours toxique. En particulier, la combustion de tous les matériaux entraine le dégagement de monoxyde de carbone (CO), connu comme étant la principale cause d’asphyxie lors d’un incendie, ainsi que de dioxyde de carbone (CO2) et d’eau.
De plus, les matériaux contenant de l’azote, comme la laine, la soie, le nylon ou le polyuréthane, peuvent produire de l’acide cyanhydrique (HCN) et des oxydes d’azote (NOx) en quantités variées. De leur côté, les matériaux contenant des halogènes, comme le PVC ou certains matériaux ignifugés, peuvent aussi dégager des halogénures d’hydrogène, tels que l’acide chlorhydrique (HCl) ou bromhydrique (HBr). Enfin, l’acroléine, qui est l’un des composants les plus toxiques de la fumée, peut se dégager en quantités significatives de matériaux comme le bois ou les dérivés cellulosiques.

© MSA

Au demeurant, la composition chimique des matériaux qui brûlent ainsi que celle de la fumée qui s’en échappe n’est généralement pas le premier facteur influençant la tenabilité à l’intérieur et aux alentours de l’espace en feu ; d’autres facteurs dépendant du scénario de feu peuvent aussi être déterminant : l’opacité de la fumée, le dégagement de chaleur, le manque d’oxygène.

Dans tous les cas, la fumée menaçant toujours la santé et la vie des occupants, quelque soit le matériau se consumant, le meilleur moyen d’empêcher leur intoxication ou leur évacuation aisée est de limiter le démarrage et le développement des feux et de mettre en place des moyens de détection rapide et des voies d’évacuation sûres.   

Des matériaux passés au crible

Des matériaux passés au crible

Dans les bâtiments, la sécurité incendie est une préoccupation majeure. Les règlements cherchent à améliorer la caractéristique des matériaux.

Les législations appliquent ces principes afin de contrôler les dangers du feu. Les réglementations essaient en effet d’améliorer la sécurité en cas d’incendie en s’intéressant, parmi d’autres aspects, aux propriétés des matériaux et des produits de construction du point de vue de leur réaction au feu (ie, propension à alimenter un feu et à dégager de la fumée) et de leur résistance au feu (aptitude à supporter les flammes et ainsi à retarder l’extension du feu et à maintenir la solidité mécanique de la construction).
Les produits de construction doivent répondre à des normes contraignantes. Ils sont testés en laboratoire et sont classés selon leur comportement au feu, en réaction et en résistance au feu.  

Le PVC, ce méconnu

Le PVC, ce méconnu

Revêtement mural PVC. © SFEC

Câbles électriques, tuyauterie en tout genre, revêtements muraux et de sols, etc., le PVC est partout dans le bâtiment. Difficilement inflammable, il lui faut 150 °C de plus que le bois pour brûler. Lors de sa combustion, il émet un gaz irritant : l'acide chlorhydrique en phase gazeuse. Pendant un incendie, ce gaz provoque à très faible concentration des irritations au niveau des yeux, du nez et de la bouche et permet ainsi de révéler l'incendie de manière très précoce et de donner l'alerte. Son taux de concentration reste toujours en dessous du niveau dangereux pour la santé des occupants. C’est pour cette raison qu’il s’impose peu à peu sous la forme de revêtements muraux et de sols dans nombre de bâtiments accueillant du public, notamment dans les hôpitaux où, combiné à des principes actifs antibactériens lors de sa fabrication, il contribue aussi à lutter contre les maladies nosocomiales.

Du PVC qui « meringue »

Du PVC qui « meringue »



Toujours plus fort, ce PVC dont la découverte est plus que centenaire continue à évoluer. Les dernières générations de tuyaux et de raccords PVC destinés aux canalisations portent désormais la norme NF Me. « Me » pour meringuage !

Plus simplement dit, ce nouveau PVC soumis à une forte chaleur a une capacité d’expansion de 800 % au minimum. Lorsqu’il meringue, il obstrue complètement la canalisation au niveau du mur et stoppe ainsi pendant une durée de trente minutes la propagation des flammes d’une pièce à l’autre. Il fait donc bien plus que résister, il devient un élément actif dans la lutte contre le feu.

Des câbles antifeu

Des câbles antifeu

Souvent montrés du doigt lors d’un incendie pour leur rôle contributeur, les câbles électriques connaissent aussi leur renouveau. Saviez-vous qu’un immeuble de bureau moderne compte environ 200 kg de câbles par m2 ? Il existe désormais des câbles de protection au feu (CPF). Ils brûlent peu et ne dégagent pas beaucoup de fumées. Ainsi, les feux dans les faux plafonds (difficile d’accès) se propageront moins vite et pourront être détectés précocement.
Enfin, l’absence de composés halogénés dans les câbles CPF à base de polyéthylène réticulé garantit, en cas d'incendie, un dégagement limité de fumées claires et non corrosives, faiblement asphyxiantes et faiblement irritantes. De nouveaux plastiques à base de polyamide (PA) et de polybutylène terephthalate (PBT) rentrent maintenant dans la composition de prises électriques pour leur effet retardateur de flammes.

Plastiques composites : un must dans les espaces confinés

Plastiques composites : un must dans les espaces confinés

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la plus grande crainte du marin, c’est le feu ! Ici encore, les architectes navals ont opté pour les matériaux composites. La résistance et la réaction au feu de ces composites sont stupéfiantes. Ils sont en plus d’une très grande solidité et d’un poids largement inférieur à celui du métal ou du bois, ce qui permet d’alléger considérablement les navires et donc de les rendre plus véloces et moins gourmands en carburant.
Les formidables performances de ces matériaux et leur capacité à être assez simplement mis en forme font qu’ils sont de plus en plus présents. Certains d’entre eux ont même fait leur apparition dans les moteurs des chasseurs Rafale où la température est de plusieurs milliers de degrés. On est loin du temps où ces matériaux n’étaient dédiés qu’à la conquête spatiale.

Pour en savoir plus

www.msa-gallet.fr
aandre@sfec-services.org

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